Otlet, chocs informationnels et documentalisation: les âges de l'information

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Propositions de travail - Étape 2
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Résumé

Dans son Livre de sable J. L. Borges écrit en 1975 « Je constate que je vieillis ; un signe qui ne trompe pas est le fait que les nouveautés ne m’intéressent pas ni ne me surprennent, peut-être parce que je me rends compte qu’il n’y a rien d’essentiellement nouveau en elles et qu’elles ne sont tout au plus que de timides variantes ». Cette réflexion invite à la rapprocher du monde de l’information-documentation, et à interroger son insertion dans les innovations techniques des XXème et XXIème siècles.  
Si le projet, et la réalisation partielle, du Répertoire bibliographique universel (RBU) de P. Otlet peut être comparé à un « Google de papier », comme le dit Google, faire abstraction des conditions de sa production, de son contexte et de ses enjeux polico-économiques et sociaux, semble sous-entendre que ces derniers n’influent pas sur la production et la diffusion documentaires. Dans ce domaine un saut technique, voire une rupture, serait à l’origine des « nouveautés » évoquées par Borges. Il est indéniable que l’activité info-documentaire a subi au cours de son histoire contemporaine l’impact du développement des techniques et des technologies, ce dernier terme pris dans son sens commun. Cependant on ne peut pas faire l’impasse sur ce qui, progressivement, a conduit à la mondialisation de la circulation des connaissances. Peut-on pour autant en déduire que tout est nouveau ? Ou au contraire que ce qui paraît être une nouveauté n’est qu’une « timide variante » inscrite dans un continuum ? Comment qualifier alors ce qui relève actuellement des apports de la documentation, entendue comme activité ancrée dans un savoir-faire défini depuis un siècle ?

Pour répondre à ce questionnement on s’appuie d’une part sur la notion de « répertoire universel » développée par Paul Otlet dans son Traité de documentation et d’autre part sur des travaux de portée historique. Tout d’abord sur l’explicitation de l’institutionnalisation de l’activité, des formations et de la science qui soutient la documentation à partir d’un panorama international (Meyriat , 1993). En suite sur l’expression de « choc informationnel » qui définit des étapes de l’essor de la documentation dans le contexte scientifique et industriel de la deuxième moitié du XXème siècle (Macedo Ker Pinheiro, Thiesen, Couzinet, 2008). Il s’agit ici de saisir l’épaisseur historique et de porter un regard critique sur ce que l’on peut qualifier d’apport documentaire dans la mise en circulation de l’information utile à l’activité humaine. Ce regard nous conduit à développer la notion de documentalisation employée par Otlet et à mettre au jour l’inflation d’accompagnements documentaires dans l’information numérique

Pour ce faire nous interrogeons d’abord le sens de termes utilisés pour désigner l’émergence du numérique : changement, transformation, évolution puis nous faisons l’état des avancées produites en matière d’histoire de la documentation et nous terminons par des exemples de documentalisation. 

 

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Institutions
  • 1 UT3
Axe thématique
  • I Épistémologie de la médiation et de l'organisation des connaissances : théories, méthodes et concepts en transformation dans la réalité numérique
Mots-clés
Répertoire bibliographique universel
choc informationnel
google
documentalisation